Les marchands d'eau
Partout dans le monde, Veolia et Suez s'approprient la gestion de l'eau. Une enquête rigoureuse sur les dérives de l'utilisation de l'or bleu à des fins commerciales a été diffusée sur Arte le 22 mars. En France, Veolia et Suez gèrent 80 % de l'approvisionnement en eau dans le cadre de partenariats public-privé (PPP) qui voient les communes rester propriétaires des infrastructures et déléguer l'exploitation aux entreprises privées.
Ce film passionnant retrace, documents à l'appui, le processus qui a conduit à l'abandon des régies publiques, encouragé par "le droit d'entrée" : une pratique – aujourd’hui interdite – consistant, pour les opérateurs privés, à mettre à disposition des communes une confortable somme d'argent afin de s'assurer la conversion au modèle du PPP. Il s’agit en réalité de prêts déguisés contractés par les communes à des taux d’intérêts qui n’ont rien d’un cadeau et remboursés sous forme de mensualités provisionnées sur les factures des contribuables. Ces sommes ont servi à améliorer les infrastructures des villes ou à éponger des dettes enrayant ainsi l’augmentation d’impôts locaux, mais in fine, c’est l’usager qui met la main au porte-monnaie.
Ces mariages d'intérêt ne sont pas donc restés sans conséquences : factures en constante augmentation, canalisations non entretenues... La longue liste de doléances a incité certaines municipalités, à l'instar de Paris et de Grenoble, à choisir la "recommunalisation" pour protéger la ressource en amont et offrir aux habitants un service de qualité.
(Source Arte : www.arte.tv/fr)