Gaz de schiste : l'Assemblée nationale dit oui
L'Assemblée nationale a adopté mercredi une proposition de loi UMP interdisant la technique de fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste. Contrairement aux intentions premières, elle n'interdit pas l'exploitation des gaz et huile de schiste, seulement la fracturation hydraulique. Les industriels auront deux mois pour déclarer quelle technique ils utiliseront.
Un an de prison, 75 000 euros d'amende
Une peine d'un an d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende a également été prévue si ils procèdent à un forage de cette manière sans l'avoir déclaré. Pourtant cette technique est la seule connue ce jour pour pratiquer ce type d’exploration… Le texte a été approuvé par les groupes UMP et du Nouveau Centre. L'opposition a voté contre. Le député PCF André Chassaigne, très présent lors des débats de nuit aux côtés d'Yves Cochet (EELV), a estimé que le texte laissait «le champ libre aux opérateurs concernés», parlant d’«une reculade». Cela laisse toute latitude aux compagnies pétrolières, dont l’Américain Toréador, pour “exploiter” cette subtilité et trouver “un moyen légal” de procéder aux forages.
La ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet a reconnu que les permis accordés – six au total dans le sud de la France et le bassin parisien – ne l'ont «pas été dans de bonnes conditions et que les choses ont été faites à l'envers». La belle affaire ! Un récent rapport commandé par le gouvernement a chiffé les réserves à «90 ans de notre consommation actuelle» de gaz. Et après, on fait quoi ? On attend encore un siècle pour développer des énergies nouvelles et priant pour qu’il nous reste assez d’eau potable pour l’agriculture et pour nos besoins. Les écologistes réclament l'interdiction pure et simple de l'exploration et de l'exploitation des gaz de schiste, et pas seulement celle d'une technique employée. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté mardi contre cette loi. Le Sénat l’examinera à son tour le 1er juin.