Pétrole de schiste, ni ici ni ailleurs

Publié le par oui au bio

Le 5 mars, plus de 2 500 manifestants se sont rassemblés à Doué (Seine-et-Marne) pour protester contre l’exploitation de pétrole de schiste dans le département.

  P05-03-11 16.0615 h, église de Doué. Au pied du monument gothique du XIIIe s, Greenpeace a déployé une banderole jaune "Pétrole de schiste, ni ici ni ailleurs". Tout le monde arbore des autocollants "Non au gaz/pétrole de schiste", "Pas la peine d’inschister" ou "Gaz de schiste, non merci". Des jeunes avec des masques à gaz brandissent un "Notre or, c’est notre eau". Les élus - maires, conseillers régionaux et généraux  - ont ceint leur écharpe tricolore. Le président du Conseil général de Seine-et-Marne, Vincent Eblé - qui avait écrit au gouvernement pour demander la tenue d'un débat public - est parmi eux. Certains prennent la parole pour signifier leurs inquiétudes. Ils dénoncent «l'opacité dans laquelle les tractations avec le gouvernement se sont passées». D'autres vilipendent l'ancien ministre de l'écologie, Jean-louis Borloo, pour avoir accordé ces permis d'exploration en plein Grenelle de l'environnement. Poignées de main, « c’est bien que tu sois là ! » La sono distille, l’un après l’autre, les discours des différents intervenants. Ils sont tous présents. Le collectif "Stop au pétrole de schiste 77", à l’origine de la plus grosse manifestation en Ile-de-France, "Nature Environnement 77" qui par la voix de sa présidente, Marie-Paule Duflot (mère de Cécile) explique que «le forage utilisera l’équivalent de la consommation annuelle d’eau de 4 000 habitants. Le département est en seuil renforcé de sécheresse. On veut garder cette eau propre pour nos enfants, pas pour quelques gouttes de pétrole».

«les camions n’arriveront pas à Doué»

Des centaines d'anonymes se pressent pour lire les panneaux explicatifs détaillant les zones d'exploration ou écouter le discours de José Bové : «en face, il y a du lourd (...). Les multinationales essaient de transformer nos terres en dollars», a-t-il protesté, jugeant que «c’est l’ensemble de la nappe phréatique du bassin parisien qui est menacé». Les travaux qui avaient démarré en janvier ont été stoppés sur intervention de la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Toréador a néanmoins informé la commune de la reprise des travaux dès le 15 avril (avec l’arrivée d’une tour de forage), bien que le conseil municipal de Doue ait voté le 3 mars une motion demandant de surseoir au projet d’exploration "d’hydrocarbures de schistes". «Nous prenons l’engagement que les camions n’arriveront pas à Doue (…)», a martelé le député européen d’Europe Ecologie, annonçant des actions juridiques et des combats "non violents". Au bout de deux heures, les manifestants se sont dirigés vers le site d'exploration momentanément en veille.

Par Elisabeth Guicheteau


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